Office de Tourisme de la Roche-sur-Yon et du Pays Yonnais

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L'HISTOIRE DE NAPOLÉON - VENDEE

napoleon

Sans conteste, La Roche-sur-Yon doit à Napoléon l'essentiel de ses traits. Et d'abord sa renaissance. Sans la décision de l'Empereur, en 1804, que serait devenue la modeste cité qui sortait exsangue de dix années de révolution, de guerre civile et d'instabilité ?
C'est Napoléon qui a choisi La Roche-sur-Yon, au coeur du département de la Vendée, pour y installer le nouveau chef-lieu. Il voulait une nouvelle ville, symbole de la pacification, de la réconciliation et du renouveau économique.
C'est lui qui a décidé des grandes orientations urbanistiques et qui l'a désenclavée en la plaçant au centre d'un réseau routier destiné à irriguer l'ensemble du département.

Ainsi La Roche-sur-Yon, unique ville créée par Napoléon, garde-t-elle profondément la marque de l'Empereur. Si elle n'est pas née avec Napoléon, elle n'est pas non plus restée figée dans un éternel regret après l'exil de celui-ci en 1815. Non sans mal parfois, elle a continué à grandir par bonds successifs. Elle est devenue aujourd'hui une ville aux fonctions diversifiées, assumant fièrement son statut de capitale de la Vendée.

Saint Yon
La Roche-sur-Yon doit évidemment son nom à la situation de cette citadelle, installée sur un promontoire qui domine la rivière. Selon la légende, celle-ci porterait le nom d'un ermite qui vint évangéliser la contrée au IIIe siècle. Envoyé par saint Denys, évèque de Paris, il aurait vécu dans des grottes sur les bords de la rivière. Retourné dans la région d'Arpajon, il fut arrêté et exécuté par les Romains.
La région attira très tôt l'occupation humaine. Ainsi, on y a trouvé des traces de présence dès la période du Néolithique, puis des vestiges gaulois et gallo-romains. 

La principauté de La Roche-sur-Yon
Au XIe siècle, il est déjà fait mention de la seigneurie de la Roche-sur-Yon.Très disputée entre les familles de Thouars et de Talmont, elle devint plus tard un fief de l'Anjou, avant d'entrer dans la maison de Bourbon et d'être élevée au rang de principauté à la fin du XVe siècle. Le premier prince de la Roche-sur-Yon fut Louis 1er, comte de Vendôme. La principauté passa ensuite aux mains des Montpensier, avant de revenir à la branche d'Orléans. Par un échange effectué en 1770, elle fit retour à la couronne royale, et en 1789, c'était le comte d'Artois qui en disposait comme apanagiste. 
La population ne dépassa jamais le millier d'habitants.
Aujourd'hui, il faut se rendre au pied des anciennes murailles pour essayer de se réprésenter la masse imposante de la forteresse telle qu'elle existait au XVe siècle.

1793, les révoltes contre-révolutionnaires 
Après la Révolution, dès la création du département de la Vendée, en 1790, il est question de placer le nouveau chef-lieu dans un endroit central à La Roche-sur-Yon.Mais Fontenay-le-Comte résiste avec succès. La Roche-sur-Yon sera tout de même chef-lieu de district mais au rôle administratif limité. La ville apparaît isolée au coeur d'un bas bocage toujours privé de voies de communication.
La Roche-sur-Yon ne peut pas échapper à la guerre civile qui ravage le pays et à partir de 1793, elle se trouve située dans la zone des affrontements. Chaque camp est conscient de l'importance stratégique de la Roche-sur-Yon. Pendant plusieurs mois, la ville sera prise et reprise par les Républicains et les Contre-Révolutionnaires, subissant de plein fouet les horreurs de la guerre civile. En 1794; elle sera en partie incendiée. Sa situation restera instable jusqu'au Consulat.  

Traces de l'ancien bourg
La Roche-sur-Yon a toujours souffert du manque de moyens des municipalités du XIXe siècle qui n'ont pas su préserver un patrimoine pourtant intéressant. Ainsi ont disparu dans les années 1840 l'église Saint-Hilaire, la tour de l'horloge, la porte fortifiée dite des "vieilles prisons". Ce qui subsiste de ce passé, c'est autour de la place de la Vieille Horloge que l'on peut en trouver les traces. C'était là le centre de la vie du bourg, là où se tenaient foires et marchés. Autour de cette place et dans les rues voisines, on remarque encore plusieurs maisons anciennes dont la Maison Renaissance, datant de 1566. 

1804 - la création de la ville nouvelle
Napoléon aimait les paris audacieux. Le 25 mai 1804, pour pacifier et développer la Vendée toujours meurtrie, l'Empereur décide de fonder une ville nouvelle prévue pour 15 000 habitants.

Cette ville, greffée sur le bourg ancien de La Roche sur Yon, est imaginée puis édifiée par des ingénieurs du XIXème siècle, d'où la grande cohérence de son urbanisme et de son architecture.
A la fin de l'Empire, beaucoup certes a été fait, mais La Roche-sur-Yon demeure un chantier inachevé. La population dépasse alors les 2000 habitants. Le démarrage est réel mais lent. On reste bien loin des premiers objectifs de l'Empereur.

Appelée d'abord Napoléon, puis reprenant, après plusieurs changements de nom sa dénomination d'origine, la ville va connaître, pendant un siècle et demi, une croissance lente et régulière.

Quel nom pour la ville nouvelle ?
Rien n'avait été prévu, aussi le préfet proposa-t-il celui de ...Napoléon : "Si le nom du département, écrivait-il à l'Empereur le 22 prairial de l'An XII, rappelle les souvenirs des ravages et de la destruction, que le nom de la nouvelle ville conserve celui du génie bienfaisant qui répara ses malheurs."
Le préfet obtint l'accord de l'Empereur et un arrêté préfectoral du 10 fructidor de l'An XII remplaça le nom de La Roche-sur-Yon par celui de Napoléon.
Depuis, et pendant tout le XIXe siècle, la ville changea de nom au rythme des bouleversements politiques.
Au final, la ville a changé huit fois de nom :

La Roche-sur-Yon,   à partir de 1296
Napoléon,               sous le premier Empire, à partir du 28 août 1804
La Roche-sur-Yon,  en 1814, une quinzaine de jours
Bourbon Vendée,   sous la première Restauration, d'avril 1814 à avril 1815
Napoléon,               pendant les 100 jours, d'avril à juin 1815
Bourbon Vendée,   sous la 2ème Restauration à la Révolution, de juin 1815 à 1848
Napoléon,              sous la deuxième République, de 1848 à 1852
Napoléon Vendée, sous le second Empire, de 1852 à 1870
La Roche-sur-Yon,
de la troisième République à nos jours, depuis le 27 septembre 1870. 

Les principaux bâtiments datent de cette époque
l'hôtel de ville 1813,
l'hôpital devenu hôtel du département 1814
l'ancien tribunal aujourd'hui conservatoire de musique et le collège 1815
la préfecture 1818
l'église Saint-Louis terminée en 1829
les nouvelles casernes sur le site de l'ancien château, aujourd'hui cité administrative 1833
le haras, de 1843 à 1846
le théatre 1846

1866, l'arrivée du train
C'est la seconde étape décisive du désenclavement. La ville n'atteint pas encore les 10 000 habitants et reste au large dans son Pentagone de boulevards. Mais preuve de son dynamisme, c'est dans ces mêmes années qu'elle bouscule les plans d'urbanisme primitifs, déborde des boulevards et s'étend autour de la gare. C'est aussi la naissance d'une première zone d'activités où s'installent de nouvelles industries. La ville renforce son pouvoir d'attraction sur le pays environnant. C'est par elle que sont exportés céréales et bestiaux, par elle que transitent engrais et machines, facteurs déterminants de la modernisation de l'agriculture dans la Vendée yonnaise. 
L'activité commerciale s'accroît : la première foire-exposition date de 1904. Parallèlement, de nouvelles industries se créent : minoteries, conserveries ...
Construction du Musée 1877 

Les années 60 
La croissance s'accélère dans les années 60, lorsque de nombreux Vendéens viennent travailler et vivre au chef-lieu, parce qu'on sait pouvoir y trouver du travail.

En vingt ans, la population active de La Roche-sur-Yon passe de 8000 personnes (1954) à 19000 (1975). Parallèlement à la croissance démographique, la ville connaît donc, cent cinquante ans après sa création, sa véritable phase de décollage économique.
Il faut construire pour accueillir les nouveaux habitants. Au nord et à l'ouest surtout, surgissent de nouveaux quartiers oû se côtoient immeubles collectifs et lotissements de maisons individuelles. Ainsi naissent les quartiers de la Liberté dans les années 50, des Forges, de Jean Yole, des Pyramides, puis de la Généraudière dans les années 70. L'afflux de population rend indispensable la construction d'investissements lourds : voirie, assainissement, écoles, salles de sport, bibliothèques, ...
Rendu nécessaire par le besoin de maîtriser l'espace urbain, La Roche-sur-Yon s'aggrandit en fusionnant en 1964, avec les deux communes voisines de Saint-André-d'Ornay et du Bourg-sous-la-Roche.

 2004, la ville nouvelle fête ses 200 ans
Aujourd'hui forte de 53 000 habitants, La Roche-sur-Yon devient de plus en plus attractive grâce au développement de ses activités dans tous les domaines : économique, culturel, universitaire ...

Si la croissance a d'abord profité à la ville elle-même, elle a ensuite entraîné tout le Pays Yonnais associé dans une communauté de communes qui rassemble 87 000 habitants et devient le pôle de développement du département.

Le Pays Yonnais apparaît aujourd'hui comme le pôle tertiaire d'un département Vendéen de plus de 500.000 habitants.

Premier pôle commercial de la Vendée avec une zone de chalandise approchant les 250.000 personnes, le Pays Yonnais offre à la fois :

- Des grandes surfaces de vente sur les principaux axes routiers, un centre ville commercial piétonnier et une zone commerciale "Les Flâneries" accueillant une trentaine d'enseignes nationales et constituant le plus important centre commercial de Vendée.
- Outre un secteur santé important (7.900 emplois), la croissance nette des services (Expertise, Conseil, Informatique,) sur les 20 dernières années, place le Pays Yonnais comme le principal pôle de services aux entreprises en Vendée.

Grâce à la réussite et à l'attrait de capitaines d'Entreprise locaux, le Pays Yonnais accueille également de grandes entreprises industrielles parmi les leaders de l'économie régionale :

- la seule unité française de fabrication de lave-vaisselle (Esswein, groupe Brandt).
- le leader mondial des pneumatiques Michelin.
- le leader français du matériel thermique et aéraulique (Atlantic).
- le 3ème fabricant mondial de robots manipulateurs pour presses à injection en plasturgie (SEPRO).

Figures dominantes de l'économie locale, ces entreprises se fondent dans un maillage très dense de PME-PMI présentes sur les marchés européens (transformation plastique : SOVAP, SPID85, SIPA ROLLER, agro-alimentaire : CAVAC, SOCOPA, systèmes hydrauliques : SERTA).

Alors que La Roche-sur-Yon vient de fêter son bi-centenaire en 2004, le constat s'impose : Napoléon a gagné son pari.

Le visiteur découvrira l'animation des quartiers du centre ville et ses vitrines, le Haras National, le circuit "Napoléon", la place et ses monuments, les jardins, les spectacles ...

La cité dispose d'un immense plan d'eau de 700ha, d'un bel ensemble piscine-patinoire et de loisirs sportifs dans la verdure, d'aires aménagées pour la détente. Elle offre une importante ressource d'hôtellerie, de restauration et d'équipements commerciaux et culturels
.

Pour en savoir plus :

Henry BRUNETIERE, La ville de Napoléon - La Roche-sur-Yon  (1804-1870) 
                                                                     Editions d'Orbestier, 2006

Henry BRUNETIERE, Une ville républicaine - La Roche-sur-Yon  (1870-1914) 
                                                                     Editions d'Orbestier, 2009